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5.10. Second Empire

5.10.2. Extensions et dépendances du Palais des Tuileries

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EXTENSIONS et DEPENDANCES

Depuis 1883 et encore de nos jours, la terminologie et la sémantique des administrations de la Culture, du Patrimoine, des Bâtiments et du Musée du Louvre intègrent dans l'appellation "Palais du Louvre" un ensemble d'édifices bordant au sud et au nord les places et jardins du Carrousel (*). Or ces bâtiments toujours en place n'ont jamais fait partie du Palais du Louvre mais ont été construits comme extensions du Palais des Tuileries, dans le cadre du Grand Dessein, afin de servir de dépendances à la résidence des souverains et au siège du Gouvernement.

En 1857, le Grand Dessein réalisé, le Domaine du Louvre s'étendait de la Colonnade aux Guichets de Lesdiguières et de Rohan ; au delà à l'Ouest était le Domaine des Tuileries, placé sous l'autorité d'un Gouverneur.

Au Sud

Le long de la Seine, Henri IV pris la décision en 1595 de relier le Louvre aux Tuileries en construisant une nouvelle galerie au delà du Pavillon de la Lanterne (Lesdiguières) qui terminait la Grande-Galerie à la limite du Paris de l'époque.

En choisissant un ordonnancement et une architecture différente de la Grande Galerie, Henri IV faisait valoir que cette galerie faisait partie des Tuileries et non du Louvre : c 'était une dépendance du Château des Tuileries. Ce sera l'Aile du Bord de l'Eau, composée de 14 travées surmontées alternativement chacune par un fronton triangulaire et semi-circulaire, sur les deux façades côté cour et côté fleuve. Le rez-de-chaussée de ce bâtiment abritera, de 1639 à 1775, les ateliers de la Monnaie et de 1640 à 1795 l'Imprimerie Royale puis nationale ainsi qu'un logis réservé à Théophraste Renaudot, fondateur de la Gazette de France. Au premier étage se trouvait une galerie sans décoration intérieure " la Galerie du Bord de l'Eau" souvent citée comme lieu de passage couvert entre le Louvre et le Château. De 1697 à 1771 on y installa les 170 Plans et reliefs des Villes fortifiées et Ports de France.

Cette aile, dont sept travées donnaient sur la place du Carrousel et sept au-delà des grilles dans la Cour du Carrousel, abritera à partir de l'Empire la Bibliothèque du Conseil d'Etat.

En partie étayée en 1847 (toute comme le Pavillon de Flore) et considérée comme insalubre sous le Second Empire, elle fut détruite en 1861 et de suite reconstruite par Lefuel suivant un ordonnancement côté fleuve qui reproduisait celui de la Grande Galerie du Louvre pour en faire le pendant. Seul le monogramme "NE" que l'on voit de nos jours se distingue du "HC" de la Grande Galerie.

Une porte cochère encadrée par 2 lions assis était ouverte entre la Cour et le Quai des Tuileries. Jusqu'à la fin des années 1990, on lisait sur un cartouche de marbre au-dessus de cette porte du côté Quai : "Porte Sud des Tuileries". Depuis la restauration des années 1999-2001 l'administration a rebaptisé cette porte :"Porte des Lions"

Côté Place du Carrousel, Lefuel créa la Salle des Etats dont le rez-de-chaussée abritait le service de l'En-Cas du Palais des Tuileries. Au niveau de la Cour du Palais, la façade a encore aujourd’hui un ordonnancement semblable à celui qu'il prévoyait dans son projet de restauration des façades des Tuileries : elle comporte outre la porte cochère citée ci dessus, une porte avec un perron encadré de 2 lionnes couchées, la "Porte du Prince Impérial" (dénommée de nos jours Porte Jaujard). Ces nouveaux édifices terminés en 1867 abritaient les futurs appartements des souverains étrangers hôtes des Tuileries et la Maison du Prince Impérial dont le nouveau Pavillon de Flore abritait les appartements dès 1869. Du côté du Pavillon de Flore, on peut toujours constater que l'aile est séparée du quai par une sorte de fossé en pierre sur lequel s'ouvrent des baies soupiraux permettant l'éclairage et l'aération des locaux en sous-sol qui, jusqu'en 1870, abritaient les cuisines du Palais.

Au Nord

Le long de la rue de Rivoli, Le Vau construisit le pavillon de Marsan de 1664 à 1666 mais il resta fidèle au Grand Dessein d'Henri IV en entamant la construction d'une galerie identique à celle d'Androuet du Cerceau (Galerie du Bord de l'Eau) mais cette zone était construite et il ne pu qu'édifier une première travée adjacente à Marsan.

En 1806, profitant de la percée de la seconde phase de la rue de Rivoli, Percier et Fontaine continueront le projet de Le Vau en construisant neuf autres travées identiques côté Cour à l'ordonnancement d'Androuet du Cerceau. Cet ensemble dénommé "Aile Napoléon" était le pendant de l'Aile du Bord de l'Eau et abritait vers Marsan des appartements de Hauts Dignitaires, puis les services de Trésorerie de la Maison de l'Empereur et dans les dernières travées l'Etat- Major de la Garde Impériale. En 1809, les travaux s'arrêtèrent et c'est sous Louis XVIII que les trois dernières travées furent achevées par Fontaine qui termina l'Aile Napoléon (rebaptisée Aile Rivoli) par le pavillon de Rohan, limite orientale des Tuileries.

Si du côté Cour cette aile présentait le même ordonnancement que sa pendante du Bord de l'Eau, du côté rue de Rivoli la façade était d'un seul tenant entre Marsan et Rohan, d'un style sévère d'inspiration antique qui s'accorde avec la vocation militaire d'une partie de ce bâtiment. La façade est sur un étage et un attique, composée de baies cintrées au rez de chaussée surélevé et de fenêtres rectangulaires au premier étage, toutes séparées par des niches abritant 32 statues installées sous le Second Empire(**) (il reste 22 niches vides).

De nos jours seuls les sept dernières travées et le pavillon de Rohan sont visibles et intactes (***). De même que Marsan, les six premières travées détruites lors de l'Incendie ont été reconstruites entre 1875 et 1878 par LeFuel suivant les normes de l'aile qu'il avait reconstruite entre Flore et la Salle des Etats sous le Second Empire.

Depuis 1902 cette aile abrite le Musée des Arts Décoratifs, sa bibliothèque, son école et des bureaux administratifs. Dans les années 1980 l'auteur de ces lignes découvrit côté Cour du Carrousel à gauche d'une porte de la 7è travée, une plaque de bronze vert de gris portant cette inscription "les cavaliers montés ne sont pas admis dans la cour", preuve matérielle que ces bâtiments faisaient partie intégrante des Tuileries...

Ces deux ailes de bâtiments étaient incontestablement des extensions et des dépendances des Tuileries et pour les trois-quarts de leur bâti, elles étaient contemporaines du Palais d’avant 1870. Elles sont toujours visibles de nos jours, bien qu’elles soient qualifiées à tord comme partie du Louvre…


Hervé SECCHI-JAMES



(*) Depuis 1900 le Jardin du Carrousel recouvre l'ancienne Cour du Palais

(**) Ces 32 statues figurent en pied : Massena, Lannes, Soult, Ney, Hoche, Kléber, Desaix, Marceau, La Tour d'Auvergne, Kellermann, L.Carnot, Villaret de Joyeuse, LaFayette, LeFebvre, Lariboissière, Jourdan, Joubert, Junot, Moncey, Ebbé, Poniatowski, MacDonald, Bessières, Oudinot, Murat, Duroc, Drouot, Lasalle, Daumesnil, Bugeaud, Duc d'Aumale, Lamoricière

(***) Ces 7 dernières travées sont les seuls restes des Tuileries d'avant Napoléon III

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212.1 Facade sur le Jardin (1858)
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5.10. Second Empire
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212.10 Galerie de la Paix (profondeur)
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5.4.4. L’Opéra aux Tuileries
1.5.1 au Louvre 18 décembre 2002
1.5.2 à l'Institut de France 11 février 2004
1.5.3 au Sénat 7 juin 2004