Au Sénat le 28 juin 1882
sur la question de la reconstruction des Tuileries :
Au nom du Gouvernement, Jules Ferry s'est engagé à reconstruire
Jules Ferry, ministre de l'instruction publique et des beaux-arts, a déclaré le 28 juin 1882 au cours du débat sur les Tuileries :
"En cet état de choses, le Gouvernement, Messieurs, pense que le véritable moyen de hâter la reconstruction, de la rendre indispensable, c'est d'en démontrer l'urgence aux esprits les plus récalcitrants, c'est de faire disparaître les ruines des Tuileries. Alors, seulement, il sera évident pour tous qu'il faut les remplacer par quelque chose.
"Alors il s'élèvera un cri public, et il ne se trouvera pas un gouvernement, si mal disposé que vous le supposiez, qui puisse y résister. Or Messieurs, le gouvernement qui a l'honneur de vous parler et qui a présenté le projet de loi ne peut être, je crois, soupçonné de mauvaise volonté à ce sujet. Je l'ai déclaré devant la Commission : notre intention formelle - et nous en prenons l'engagement - est de remplacer le palais des Tuileries par un monument, monument que nous tâcherons de faire moins coûteux, le moins coûteux possible pour nos finances, mais en même temps digne de la France et de la République. Ce monument sera - nous sommes même d'accord sur sa destination - un musée de l'art moderne, qui débarrassera le palais du Luxembourg du grand encombrement dont le Sénat se plaint depuis son installation dans ce palais (interruptions à droite).
Ainsi, Messieurs, je le répète, les véritables partisans de la reconstruction doivent commencer par voter la démolition. C'est la voie la plus sûre et la plus prompte pour y parvenir. C'est aussi la démonstration la plus éclatante que cette reconstruction est une nécessité (Très bien ! très bien ! à gauche)".
(Journal Officiel, débats parlementaires, Sénat, 28 juin 1882, p. 695).