You are here : Accueil - page.php?id=revue.de.presse - page.php?id=entretien.AB

8. Revue de presse

8.3. Entretien avec Alain Boumier

This page is not available in your current language. Further translation will be available soon.

Politique Magazine, pour son numéro spécial, "Tuileries, l'histoire inachevée"

s'est entretenu avec Alain Boumier, initiateur du projet



Un projet pas si fou


Reconstruire le chaînon manquant entre les pavillons de Flore et de Marsan

n?est plus du domaine du rêve, c?est un projet qui prend forme

sous la houlette d?un Comité national comprenant de nombreuses personnalités.

Alain Boumier est Président du Comité national pour la reconstruction des Tuileries et de l'Académie du Second Empire. L'Académie du Second Empire est ce qu'il est convenu d'appeler une société savante. Fondée en 1969, son objet statutaire est de rendre au Second Empire français, indépendamment de toute tendance politique, la place qui lui revient dans la genèse de la civilisation moderne. Elle organise des débats sur des sujets d'intérêt national ou international, dans le but d'en tirer les enseignements. En 1994, elle a donné à l'Institut de France, une séance conjointe avec l'Académie des sciences morales et politiques pour le 125ème anniversaire de l'inauguration du Canal de Suez. Le mois dernier sa 183ème séance-débat, sous le haut patronage du deuxième personnage de l'Etat, M. Christian Poncelet, Président du Sénat, avait pour thème : "Peut-on effacer trois siècles d'histoire ?" Alain Boumier, Ingénieur des travaux publics, a été invité l'an passé par l'Académie des beaux-arts à venir exposer le fruit de ses réflexions sur un sujet inattendu et novateur : Faut-il reconstruire les Tuileries ? Il est le dernier des quatre fondateurs de l'Académie du Second Empire et le lointain successeur de Ida de Talleyrand-Périgord, Duchesse de Montmorency, qui en fut la première Présidente.



Politique magazine : Pourquoi vous être lancé dans un tel projet ?


Alain Boumier : Il me coûte que de nos jours, dans l'acception courante, le mot Louvre évoque un musée et les Tuileries un jardin. Cela prouve que quelque chose ne va pas quelque part. Résultat de quatre siècles de persévérance, l'ensemble incomparable du Louvre et des Tuileries est un monument de mémoire. Napoléon III a qualifié d'?uvre nationale la réunion des Tuileries au Louvre, soulignant que l'histoire des monuments a sa philosophie comme l'histoire des faits. Siège du pouvoir central sous tous les régimes de 1789 à 1870, les Tuileries sont un fort symbole de la continuité française à l'image du pays qui pendant le même temps prit sa configuration contemporaine.


L?arasement des Tuileries a été une amputation brutale, une mutilation de l'?uvre. Aucune loi n'a décidé de supprimer les Tuileries. De même, aucune décision délibérée n'a été prise par la Commune de les incendier. Ce fut une voie de fait, due à une poignée d'éléments incontrôlés. Au Sénat, en 1882, Jules Ferry, ministre de l'Education nationale et des Beaux-arts, s'est engagé solennellement au nom du gouvernement à reconstruire les Tuileries soit à l'identique soit sous une forme plus ramassée.


De même que les pensées, par essence immatérielles, ont leur existence propre et vont leur chemin dans l'espace et dans le temps, les chefs-d'?uvre n'auraient-ils pas une présence ineffaçable ? Ne subsiste-t-il pas une rémanence de leur charge émotionnelle ? Les Tuileries manquent au Louvre, à la France et à l'Europe. Un vide de 266 mètres demeure entre deux longues ailes qui n?ont plus de sens. Le fait que cet espace soit depuis vingt ans dénaturé par des baraquements provisoires abritant 3.000 m2 de bureaux administratifs prouve qu'il s'agit d'un vide reconnu comme tel et ce n'est pas satisfaisant.


Aucun argument contraire raisonnable ne nous est opposé. La longue perspective sera rétablie et non entravée. Le Louvre est en fausse équerre par rapport aux Tuileries. En d'autres termes la pyramide n'est pas dans l'axe des Champs Elysées. Ce n'est pas elle qui est le vis-à-vis naturel de l'Arc de triomphe de l'Etoile, c'est le pavillon central des Tuileries ! Dès que cet ensemble unique sera redevenu une grande enceinte d'art comme l'est à sa propre échelle la Cour carrée, tout se rééquilibrera et rayonnera de sa plénitude recouvrée. L'authentique vraie perspective est celle qui prend naissance aux Tuileries, c?ur de notre Histoire, pour s'élancer vers l'ouest, l'Arc de triomphe et la Grande Arche, plongeant ensuite vers l'autre rive de la Seine. Un grand symbole de la créativité française au long des siècles.


La question à surmonter est cette règle non écrite qui prévaut aux monuments historiques et qui consiste à ne pas reconstruire un monument qui a été détruit depuis longtemps. Mais pourquoi imposer uniformément une règle qui devient discutable dès qu'on veut la généraliser ? Le cas des Tuileries est exceptionnel sur les plans de l?histoire, de l?architecture et du financement.


Politique Magazine: Le palais, de Catherine de Médicis à Napoléon III a connu bien des transformations? Quelles Tuileries va-t-on reconstruire ?


Alain Boumier : C'est une question que l'on doit effectivement se poser. Les grandes étapes de l'évolution des Tuileries depuis sa création sont les développements apportés par Louis XIV, puis par Napoléon Ier, Louis-Philippe et enfin par Napoléon III. Pour réédifier un monument historique, la règle qui prévaut est de restituer le dernier état, en l'occurrence celui de la fin du Second Empire. Nous projetons donc de reconstituer le grand escalier, le théâtre et la chapelle, la galerie des travées, le salon de la paix, le grand salon central de 600 m2 dit des maréchaux, qu'il conviendra de dédier à la France de Catherine de Médicis à Napoléon III. La moitié sud, côté Pavillon de Flore, sera mise à la disposition du Musée du Louvre, ou mieux encore, consacrée à un Musée des Tuileries, qui manque à la France, et qui pourra abriter de nombreuses expositions se rapportant aux différentes époques du palais resituées dans leur contexte européen.


Politique Magazine: Comment cela va se faire ?


Alain Boumier: Une chose est claire et c'est en un sens notre chance : il n'en coûtera rien à l'Etat (propriétaire du terrain), ni à l'Etablissement public du Musée du Louvre, ni à la Ville de Paris.


Le Comité National pour la reconstruction des Tuileries, qui en quelques semaines en est déjà à près de quatre cents signatures - et non des moindres puisque son Haut Conseil regroupe un ancien président du Sénat, un ancien président de l'Assemblée nationale, cinq académiciens, plusieurs anciens ministres, deux parlementaires, deux généraux, plusieurs hauts fonctionnaires et professeurs d?universités - a pour vocation de se transformer en fondation.


Expression responsable d'une initiative citoyenne, la fondation proposera à l'Etat un bail à construction selon la loi du 16 décembre 1964 pour une durée à convenir : vingt, trente ans ou davantage. Selon ce mécanisme, l'Etat loue le terrain à la fondation qui s'engage, selon un cahier des charges, à reconstruire les Tuileries à l'identique. La fondation gère ensuite les Tuileries sans aucune charge pour l'Etat. A la fin du bail, les Tuileries sont remises gratuitement à l'Etat.


Le financement se fera par la voie du mécénat français et international et par une souscription nationale et internationale.


Politique Magazine : Pourquoi est-ce possible et pourquoi cela va se faire ?


Alain Boumier: La France a toujours trouvé en elle-même les moyens de réaliser ce qu'elle voulait fortement. Le mouvement d'opinion est en marche. C?est un élan au-delà des générations, des tendances politiques et des frontières, pour un creuset où s'est cherchée et où s'est trouvée la France moderne. Traduit en anglais, en allemand, en russe, en hongrois, en espagnol et en italien, le formulaire d'inscription au Comité, sans engagement financier, commence à parcourir l'Europe et l'Amérique.


L'élan est magnifique et il ne manque pas de noblesse. Notre langage touche une fibre sensible dans toutes les composantes de la population française et au-delà. L?élan est exceptionnel en ce sens qu'il adhère à un projet qui plait et unit au lieu de diviser et de déranger.


Investissement porteur d'avenir, la reconstruction des Tuileries sera un événement majeur qui rendra à l'Europe l'un de ses plus prestigieux chefs-d'?uvre, un joyau du patrimoine mondial. Un projet qui porte en lui l'exception.


Il n'y a qu'une France malgré les changements de régime. Et aucun régime n'est propriétaire de la France, ni de son patrimoine, notre héritage à tous ; un dépôt sacré et indivis.

__________

Accueil
2. L'ensemble Louvre-Tuileries
2.1.2. Photos des Tuileries
2.1. Vues - Plans - Photos
7. La reconstruction
2.1.1. L'ensemble Louvre-Tuileries
3. L'Histoire aux Tuileries
4. Pourquoi reconstruire
1. Le Comité National
5. Dictionnaire des Tuileries
2.1.3 Organisation de l'espace selon l'époque
Plan du site
8. Revue de presse
2.1.5. Après l'incendie
211.2 Vue d'ensemble (1857)
211.1 Plan du 1er arrt (1860)
1.8. Membres
7.1. Les Tuileries au plan d'urbanisme
212.1 Facade sur le Jardin (1858)
9. Adhérer
Liste de diffusion
211.3 Les Tuileries vues de la Concorde
7.4. Avons-nous les plans
6. A l'Institut
211.4 Les Tuileries vues du grand bassin
211.5 Les Tuileries vues du Louvre
2.7. Visitons les Tuileries
7.5. Le contraire d'un pastiche
2.1.4. Plans d'architectes
3.1. Monument de mémoire
212.2 Grand Escalier (bas)
212.5 Salon Louis XIV
8.1. Les médias et les Tuileries
212.4 Salon des Maréchaux
213.7 Napoléon III
212.6 Salle du Trône
2.3. Histoire du Louvre
5.1.3. Le Jardin des Tuileries
Contacts
9.1. Formulaire français
212.3 Grand Escalier (haut)
215.1 Façade sur Jardin (en enfilade)
2.2. Le Grand Dessein
212.10 Galerie de la Paix (profondeur)
2.9. Dispersion des ruines
212.9 Galerie de la Paix (entrée)
7.7. Double perspective inattendue
212.7 Galerie de Diane
212.8 Salon d'Apollon
213.1 Louis XIV
7.2. Principales dates
2.8. De l'incendie à l'amputation
4.10. Rétablir la perspective
213.2 Louis XVI
Info légales
3.3. Sous Louis XIV
215.4 Depuis l'arc du Carrousel
Crédits
215.3 Pavillon central côté Jardin
215.2 Façade sur le Jardin
5.1.1. Grande Galerie
213.4 Napoléon Ier
2.6. Les Tuileries sous le Second Empire
4.1. A méditer
5.5 La résidence de Louis XVI
5.10. Second Empire
7.8. Coût - Aucun fonds publics
7.6. Un parvis culturel de 2,6 ha
2.5. La réunion des Tuileries au Louvre
1.2. Grandes étapes depuis 2002
1.1. Pourquoi ce Comité ?
4.2. Qu'en pensait Haussmann
5.3. Les Tuileries de Louis XIV
213.6 Louis-Philippe
213.5 Restauration
4.8. Rendre les Tuileries au Louvre
4.9. Perspective manquante
5.5.4. de 1789 à 1792
5.1. Au cours des siècles
5.5.3. Manège des Tuileries
7.3. Charte de Venise
8.2. Texte des articles
3.5. XVIIIè siècle : le palais des arts
5.8. Restauration et Louis-Philippe
1.7. Haut Conseil
5.5.1. Retour de la Famille royale à Paris
2.10. Bibliographie des Tuileries
3.2. Au XVIè siècle
6.1. Faut-il reconstruire les Tuileries ?
5.3.2. Louis XIV
5.10.2. Extensions et dépendances du Palais des Tuileries
5.7. Consulat et Empire
7.9. Investissement porteur d'avenir
5.12. de 1883 à 2005
5.10.1. Accès et abords des Tuileries à la fin du Second Empire
7.8 Qu'en sera le coût
4.7. Un projet révolutionnaire
5.2. La Renaissance
213.3 Convention
5.11. de 1870 à 1882
5.2.6. Philibert de L?Orme
5.1.2. La Petite Galerie
5.3.9. La Grande Demoiselle
5.2.1. Les Tuileries au XVIème siècle
5.10.3. Le chemin de fer des Tuileries
4.3. Pétition émouvante en 1880
1.6. Conseil d'administration - Bureau
5.2.3. Catherine de Médicis
5.5.2. Hommage des Fédérés à Louis XVI
5.3.8. Le Petit Appartement de Commodité
2.4. Sous Louis-Philippe
1.4. Chronologie des événements
3.6. La musique aux Tuileries
5.3.6. L?Appartement de la Reine
5.2.4. Henri IV
5.3.4. Le Grand Appartement
3.4. Sous la Régence
5.9. Deuxième République
5.2.8. Du Cerceau, Jacques II Androuet
4.6. Haussmann avait raison
5.3.12. La Salle des Machines
5.3.14. Le Carrousel de 1662
5.3.1. L'évolution des Tuileries
5.3.3. Le Grand Escalier
5.6 Les Tuileries de la 1ère République
5.2.2. L?enceinte de Charles V
5.3.26. Nocret, Jean
5.3.5. L?Appartement du Roi au rez-de-chaussée
1.3. But - Démarche
3.9. La Comédie Française aux Tuileries
5.2.9. Lescot, Pierre
5.4.2. Les Tuileries, palais des Arts
5.3.7. L?Appartement du Dauphin
3.8. L'Opéra aux Tuileries
1.5. Nos séances-débats
4.5. Le patrimoine national
5.2.7. Bullant Jean
5.3.20. Le Brun, Charles
5.3.21. Le Nôtre, André
5.2.5. Ordre français
5.3.22. Le Vau, Louis
5.4.6. Le Concert spirituel
5.4 Au XVIIIè siècle
5.3.17. Colbert, Jean-Baptiste
8.2.4. BBC History Magazine
4.4. L'engagement de Jules Ferry
1.9. Questions de parlementaires
6.2. Message de Jean Dutourd
5.3.25. Mignard, Nicolas
5.4.3. La Salle des Spectacles
5.4.5. La Comédie-Française aux Tuileries
5.2.10. Métezeau, Louis
5.3.15. Champaigne, Jean-Baptiste de
5.4.7. Servandoni, Jean-Nicolas
5.3.11. La Salle des Cent-Suisses
8.2.2. Le Figaro 14.02.2004
5.3.16. Champaigne, Philippe de
8.2.3. Politique Magazine
5.4.4. L?Opéra aux Tuileries
8.3. Entretien avec Alain Boumier
5.3.18. Coypel, Noël
5.3.10. La Chapelle Royale
5.3.19. Errard, Charles
5.4.1. Les Tuileries sous la Régence
5.3.13. Les Vestibules
8.2.1. Le Figaro 28.12.2002
9.3. Formulaire (anglais)
3.7. Le concert spirituel
5.3.24. Mazarin, Jules
5.3.23. Loyr, Nicolas
Outils
9.2. Formulaire francophone
1.5.2 à l'Institut de France 11 février 2004
1.5.3 au Sénat 7 juin 2004
9.6. Formulaire (russe)
9.4. Formulaire (allemand)
9.5. Formulaire (hongrois)
1.5.1 au Louvre 18 décembre 2002
1.5.5 à l'ENA 10 juillet 2006
1.5.4 au Sénat 20 septembre 2005
Recherche multi-critères