Caractères généraux

 

Le bâtiment des Tuileries occupe une emprise variant de 22 à 25 mètres de large pour une longueur de 266 mètres et s’inscrit parfaitement entre les pavillons de Flore au sud et de Marsan au nord ; la hauteur maximum est de 38 mètres. Cette emprise correspond à une surface hors œuvre brute de 6 000 m2 au niveau courant.

Le projet de restitution s’attachera à concilier le respect des volumétries intérieures originelles avec la nouvelle destination du lieu.
On prendra également en considération les réglementations actuelles s’appliquant aux « Etablissements Recevant du Public ».

La position et l’altimétrie variables des planchers intérieurs ne permet pas de présenter en détail l’ensemble des niveaux ; néanmoins, leur répartition peut être synthétisée selon les caractéristiques générales ci-après :

  1. A chaque extrémité des Tuileries, coïncidence parfaite des niveaux de planchers intérieurs avec ceux des pavillons de Flore et de Marsan permettant ainsi l’ouverture éventuelle et simple de communications ;
  2. Existence pour partie d’un niveau de sous-sol et d’un niveau d’entresol (aile sud) ;
  3. Existence de 3 niveaux principaux en partie courante : rez-de-chaussée, 1er et 2ème étages ;
  4. En fonction de l’organisation discontinue des toitures, des volumes de comble habitable variables apparaissent ;
  5. Surface hors œuvre brute, surface hors œuvre nette et surface utile se répartissent par niveau suivant le tableau de la page suivante : on voit que la construction dégage une surface utile représentant 50% environ de la surface hors œuvre brute, ce qui s’explique par l’importance des éléments structurels traditionnels (murs porteurs et refends de grande épaisseur).

Caractéristiques constructives

Concept structurel

Le Palais des Tuileries est une construction traditionnelle en pierre fondée sur une triple ligne de fondations filantes du nord au sud suivant l’axe du bâtiment. Originellement, un double parement en pierre appareillée enserre un blocage maçonné d’environ 90 cm d’épaisseur. Ce dispositif serait transposé selon les techniques contemporaines en vue d’une part de garantir un niveau d’isolation thermique acceptable et d’autre part de s’inscrire dans les performances de portance de plancher qualifiées pour les différents usages envisagés.

A cette fin, les deux parements en pierre de taille porteuse de 30 cm chacun étant conservés, on substituera à l’âme traditionnelle un complexe associant un voile béton porteur à une isolation thermique de type extérieur.

En infrastructure, un système de longrines filantes béton reprendra le principe constructif originel en assumant les fonctions de pontage ponctuelles au-dessus des ouvrages d’accès au parc de stationnement du Louvre. Il sera intégré en infrastructure un niveau de parc de stationnement automobile irrigué depuis l’avenue Lemonnier au même titre que le parc du Louvre existant

Elévations

L’essentiel de l’édifice consiste en des planchers portés perpendiculairement à l’axe principal sur les murs de façade ainsi que sur un mur intermédiaire parallèle aux façades.

Le contreventement de cet ensemble est assuré par des murs de refend de même conception organisés à intervalle régulier ainsi que par les noyaux de circulations verticales.

Seule l’emprise du « théâtre de la salle des machines » fait exception à ce dispositif puisque cette salle bénéficiait de la pleine largeur de la construction de façade à façade sans reprise intermédiaire.

Le projet entend reprendre avec fidélité le positionnement des différents planchers. Cependant, ces derniers seront réalisés en structure béton et qualifiés en fonction des nouvelles performances requises par leur destination :

  • stabilité au feu ;
  • degré coupe-feu ;
  • résistance mécanique ;
  • isolation acoustique ;

Couvertures

Les charpentes et ossatures de plafonds voûtés seront reconstituées  fidèlement au modèle originel à partir d’essences et de sections de bois similaires.

Couvertures, terrasses et terrassons seront restitués à l’identique du dernier étage connu en terme de gabarit, profil et matériaux.

Des adaptations de détail pourront être envisagées en fonction d’impératifs réglementaires (désenfumage) ou de contraintes techniques (ventilation de locaux techniques, prises d’air neuf, etc). Ces adaptations s’intègreront aux superstructures de couverture (cheminées et combles en particulier) sans préjudice pour l’enveloppe extérieure de la construction. De même que pour le traitement des parois en élévation, les sous-toitures bénéficieront des avancées technologiques en matière d’isolation thermique et acoustique.

Huisseries et fermetures

L’ouvrage neuf reprendra strictement sections, profils et matériaux du modèle originel car ces éléments sont indissociables (avec les élévations et les couvertures) d’une perception d’un volume-enveloppe cohérent sans restriction aucune avec l’ensemble du Louvre. Identité de matière, de texture et de teinte sont donc indispensables.

L’ossature bois des huisseries et fermetures fera donc l’objet d’une sélection et d’un usinage méticuleux. La conformité aux pièces référentes est en l’occurrence rendue parfaitement possible grâce aux documents photographiques disponibles.

La qualité de cette source iconographique concerne également la serrurerie des huisseries et portes : restitution des modèles originaux en tant que gabarit et fonte des pièces en bronze pour le plus grand profit des artisanats spécialisés survivants.

Décors intérieurs

De la même manière que pour le chapitre précédent, la documentation iconographique abondante disponible permettrait de reconstituer fidèlement les décors des salles et salons principaux des Tuileries.

Cette restitution pourra être effectuée partout où la nouvelle destination du bâtiment le justifie : lieux d’accompagnement indissociables de l’architecture extérieure tels qu’escaliers ou halls d’entrée, musée des Tuileries ou tout autre lieu bénéficiant d’une récupération de l’essentiel des pièces mobilières auprès du mobilier national.

Pour autant, la reconstruction des Tuileries vise principalement à redonner unité et cohérence à l’ensemble architectural et urbain du Louvre. Les aménagements intérieurs peuvent donc en règle générale s’adapter à leur future destination dès lors que cette adaptation qui peut être pleinement contemporaine n’interfère pas avec l’homogénéité de la lecture des façades.

Comité National Pour
La Reconstruction Des Tuileries
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